En coulisse : une visite dans l'atelier de maroquinerie de Manegane


Aujourd'hui, nous avons décidé de laisser la parole (et la plume !) à notre créatrice de maroquinerie, Manon, fondatrice de la marque Manegane.

Suivez-nous pour une plongée privilégiée dans les coulisses de son atelier, et découvrez comment sont fabriqués nos magnifiques cabas en cuir.

 

 

Pouvez-vous nous raconter votre parcours, et nous expliquer comment vous en êtes arrivée à créer votre marque dans votre atelier à côté de Biarritz ?

Après 10 années passées dans le monde du soin esthétique, je me suis reconvertie vers la maroquinerie par besoin de créativité et d’indépendance. J'ai suivi une école de maroquinerie pendant 9 mois. Cela m'a permis de mieux connaitre l’univers du cuir ainsi que les peaux et leurs caractéristiques. J'ai appris à monter un patronage à partir d’une idée, à assembler et à coudre le volume imaginé.

J'ai ensuite intégré une maison de couture cuir pour des marques de luxe où j’ai appris de nouvelles techniques sur des cuirs plus fins, avec une méthode de couture comparable à celle des vêtements.

J'ai commencé à créer différents modèles, mais j'ai eu besoin de temps pour affiner mon style car ma créativité bouillonnait et aussi parce que trouver les bons fournisseurs de cuir est une chasse au trésor qui prend du temps !

Par la suite, j'ai affiné mon style par rapport à mes valeurs, mon parcours et je me suis dirigée vers un univers rassemblant la mer et la ville qui sont les lieux où j’ai grandi. J'ai créé Manegane. 

 

Pourquoi le nom de Manegane ?

Manegane est né des diminutifs de mon prénom et de celui de ma jumelle : Manon et Morgane sont Mane et Gane, depuis notre enfance.

 

Vous voici donc dans votre atelier. Pouvez-vous nous expliquer comment se passe la fabrication d'une pièce en cuir chez vous ?

Tout d'abord, je dois choisir les cuirs.

Tous mes cuirs sont choisis en France, ils proviennent de négociants qui rachètent eux même des cuirs issus de fin de stock ou des essais couleurs de grandes maisons du luxe français, italien ou de tanneries renommées.

Je sélectionne le cuir en fonction de sa qualité, de son toucher et de la présence de défauts, de sa souplesse ou de sa fermeté selon son utilisation future, et bien sûr en fonction de mes coups de cœur sur une couleur ou une matière.

Je m'aide aussi de l'estampillage des tanneries sur l’envers des cuirs pour être certaine de leur origine et de leur qualité.

 

Est-ce que vous avez une idée précise des cuirs que vous cherchez quand vous les sélectionnez, ou est-ce que vous faites en fonction de ce que vous trouvez sur le moment ?

Je pars en général avec des idées précises ainsi qu'avec des échantillons de coloris qui ont bien fonctionné auprès de la clientèle, mais je me fais très vite rattraper par les cuirs fantaisie, tant il y a de choses et de techniques incroyables !

 

Une fois les cuirs choisis, quelles sont les étapes pour fabriquer une pièce ?

Pour fabriquer un produit à partir d’une peau, je vais déjà privilégier les pièces nécessitant de gros volumes de peau, comme les cabas par exemple. Je suis l’élasticité du cuir pour placer mes patrons. 

Là, la créativité est sans limite car on a une multitude de possibilités et de combinaisons envisageables.

 

Combien de temps vous faut-il pour réaliser une pièce, un cabas par exemple ?

Réaliser un sac prend du temps, environ 6 h en moyenne, et ce uniquement pour la partie production ! 

Avant, il y a l’étude, le patronage, le choix des cuirs... Et comme chaque cuir est différent, il faut s’adapter à lui à chaque fois.

On voit l’aspect fini d’un sac, mais on n’imagine pas toutes les opérations de préparation en amont : la coupe à la main, le parage qui consiste à affiner au couteau trancheur les bords du sac avant assemblage pour éviter les surépaisseurs, le thermocollage c’est-à-dire le renforcement de certaines parties comme un fond ou un rabat, la bouclerie à installer, et le piquage à la machine qui est une opération délicate. Un trou dans le cuir en trop… et tout s’arrête.

Les porte-monnaies sont plus accessibles car la quantité de cuir utilisée est moindre mais ils nécessitent tout de même du temps. Il y le choix des combinaisons de cuirs et de couleurs, la coupe, la piqûre, le lissage des bords, le marquage à chaud du logo...

Marquage PM Manegane

 

Est-ce qu'il y a une étape qui vous plait plus parmi tout ce processus ?

Ce qui me plaît le plus, c’est de choisir les combinaisons de couleurs et de matières. Je me plais beaucoup à cela et il n’y a jamais d’ennui, de redondance, seulement de l’inspiration et de la créativité.

 

Justement, où trouvez-vous toute cette inspiration et cette créativité ?

L’architecture ou les paysages dans le monde, la nature, la mer sont mes inspirations préférées. 

Je ne suis pas vraiment les tendances, je fais ce qui me plait.

Il fait froid ? Hop je pars en quête de matières moelleuses et confortables, douillettes… de beiges, de crèmes, de marrons chaleureux…

J’étudie aussi beaucoup les nouvelles matières éco-responsables car on arrive à reconstituer des matières variées pour en faire de vrais trésors.

Pouvez-vous nous raconter l'histoire d'une pièce en particulier ?

Je pense que le Bisou bag est une pièce qui représente vraiment ma façon de créer.

Je l'ai imaginé pendant le confinement, qui a été une période difficile au niveau professionnel.

Lorsqu’on est indépendant, le temps au travail est précieux et passe chaque jours trop vite. Je ne pouvais plus acheter de matière première, je ne savais pas si je devais envisager de sauter une collection par rapport à la saison. Mais cette période a aussi été l’occasion de créer un nouveau modèle, le bisou Bag,

J’attendais avec impatience le jour où nous pourrions ressortir, se faire belles avec nos jolis habits d’été qui attendaient dans la garde-robe ; je rêvais aux retrouvailles avec les amies, à se prendre dans les bras, à se faire un bisou.

Du coup, je voulais un accessoire petit, à croquer, mignon et qui puisse supporter la fantaisie par sa petite taille. Je l’imaginais déjà de toutes les couleurs et matières possibles. Je voulais aussi quelque chose qui permettait d'avoir les mains libres durant cette période où manipuler les choses était contraignant. Je me suis dis que ce petit modèle devait absolument être porté à la taille : j’ai testé et j’ai adoré ce principe.

J’ai donc commencé à faire un prototype, quand je pouvais à côté de mon rôle de maman. Aujourd'hui, j'ai lancé la commercialisation de ces petits sacs que j'ai appelés les Bisou bags.

 


 

Quels conseils donneriez-vous à vos clientes pour entretenir leurs cabas ou leurs pièces en cuir ?

Il faut prendre soin de son cuir si on veut de la longévité.

Pour l’entretien de mes produits, je les expédie aux clients ou les commercialise en boutique toujours “imperméabilisés. Je préconise d’éviter l’exposition au soleil trop longtemps ainsi que la crème solaire sur les épaules car le cuir n’aime pas du tout la crème solaire.

Cela dit, je ne suis pas la meilleure à appliquer ces conseils et j’aime voir un cuir vieillir, se patiner, foncer, se lustrer dans les coins les plus en contact des frottements du quotidien.

Les cuirs dit “pleine fleur” ou “liégés”, vont particulièrement marquer puis se nuancer. Je trouve cela beau. Vous ne verrez pas chez Manegane de cuirs trop enduits qui au final, finissent par ressembler à du PVC ou du skaï, non merci !

Cela a été une grosse tendance ces derniers temps chez certaines marques connues mais je préfère le toucher incomparable d’un cuir souple avec son parfum et ses défauts naturels.

 

Est-ce que vous avez des projets particuliers à venir pour Manegane ?

Pour le moment, je me consacre surtout à essayer de m’y retrouver dans mon temps de production car diriger son entreprise, c’est aussi passer beaucoup de temps autrement qu’à la réalisation du produits : recherche de fournisseurs et de matières, déplacements, préparations et expéditions de colis, mails, comptabilité, communication... sont tous les paramètres qui gravitent autour.

Je veux garder le temps et le calme précieux et nécessaires à ma créativité pour produire dans des conditions harmonieuses.

Je me consacre donc pleinement à mes 3 modèles actuels, même si oui, j’en ai déjà plein d’autres en tête…

J’aime aussi l’idée de récupérer des vestes ou des sacs en cuir vintage qui ont eu une histoire, une valeur sentimentale ou qui ont fait le tour du monde et de les réutiliser pour recréer un sac avec. Je l'ai fait par exemple avec un Bisou bag que j'ai cousu à partir de la veste d'une cliente, qui a ainsi eu une deuxième vie.

 

Mais il faut aussi savoir canaliser ses idées, sinon il faudrait plusieurs vies pour tout explorer !

 Porte monnaie Manegane

Retrouvez ici toutes les pièces Manegane chez Pépites !


Laissez un commentaire


Veuillez noter que les commentaires doivent être approuvés avant d'être affichés